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2018
Lettre aux Mexicains. Octavio Mestre. Uvre Inachevée

Livre qui montre 70 bâtiments construits et 70 concours perdus, écrit à la suite d’avoir clôturé avec ma conférence, le Festival ARQ de 2026 à Guadalajara (Mexique), une conférence dans laquelle j’ai partagé, avec les plus de 1600 étudiants qui étaient dans le théâtre Diana, beaucoup de projets qui n’avaient pas vu le jour car, comme je leur ai dit, « nous nous reconnaissons tous dans l’échec ». Alors je leur ai dit et écrit dans la préface… 

Savoir que notre seule mission est de laisser les choses un peu mieux que comment nous les avons reçues, en rappelant que certains Indiens d’Amérique soutiennent que la terre n’est pas héritée de nos parents, mais prêtée par nos petits-enfants, et c’est à eux que nous devons être responsables… Et il y a encore ceux qui les considèrent, avec mépris, comme des peuples primitifs. 

 

Savoir que ce qui est à la mode va passer et que, en architecture, il y a un temps qui lui est propre, la durée, dont parlent les Français, dans un cycle temporel qui, par tous les moyens, nous dépasse et dont à peine nous sommes un petit maillon… 

 

Savoir que l’on donne des cours pour « aider à être » ceux qui commencent, pour redonner aux autres ce qu’on a reçu un jour, conscient que non seulement « en enseignant, on apprend », mais que ce n’est qu’en confrontant ses propres idées avec celles des autres, ces ils grandiront en bonne santé (rien de pire que de regarder le nombril). Et savoir, enfin, que, bien que ce qui est important ne puisse pas être enseigné (l’enseignement est toujours insuffisant, sauf dans les cas où il est totalement inutile), tout et tout le monde peut toujours être appris… 

 

Savoir se mettre à la table des puissants et des démunis, avec les étudiants et avec les ouvriers qui élèvent les bâtiments que l’on projette et les traiter de la même manière, en hommes qu’ils sont, comme pour triompher et vaincre, que Kipling dit dans ce poème, qu’un jour ça m’aiderait d’être un homme… Savoir que notre travail et ses résultats sont au-delà des contingences, de l’argent du client (avoir parfois plus de moyens ne fait que rendre le mal plus possible) et des impositions réglementaires. Et qu’il ne nous appartient pas… Pas seulement à nous qui le faisons, pas même à ceux qui nous le commandent et le payent, mais notre travail finit par être celui de tous et que, s’il est bon ou mauvais, il être pour d’autres raisons, pas pour avoir plus de moyens, ou plus de liberté… car ce qui, a priori, aide, est parfois un obstacle, ce qui reste encore un mystère. La rose est sans pourquoi…

 

Savoir que, parfois, les projets qui nous coûtent le plus d’efforts sont ceux qui nous permettent de faire nos meilleurs travaux. Comme le muscle qui, « si ça ne fait pas mal, ça ne marche pas », donc notre travail quotidien doit être dans cette ligne. Comme le skieur qui dévale une pente et tombe toujours pour avancer, conscient que s’il s’arrête et se relève, c’est à ce moment-là qu’il tombe vraiment. Sachant que notre carrière est en arrière-plan…

 

Savoir que personne ne se soucie de ce que vous pensez ou de ce que vous ressentez, mais seulement du travail final, celui qui est avant tout. Savoir qu’il faut éduquer l’estomac (et pas tellement la tête ou le cœur). Parce qu’avec la tête les approches les plus absurdes peuvent être défendues et parce que, du fond du cœur, combien de personnes ne tombent pas amoureuses mais de celles qui ne devraient pas. Mais combien rarement notre estomac se retourne-t-il devant la merde ! Bien sûr, « Péchez trois fois et vous penserez que c’est licite », comme dit le proverbe juif… Sachant que nous ne pouvons pas renoncer à notre conscience, car tout est en elle. « Un homme se noie dans la mer, mais l’homme est plus grand que la mer. Car l’homme sait qu’il est en train de mourir et la mer ne sait pas qu’elle le tue » (Pascal).

 

Savoir qu’aujourd’hui, à l’ère des technologies de l’information et de la communication mondiale, une grande partie de la vraie sagesse se perd derrière la culture (quel mot tellement stupide prononcé par plus d’un dont la bouche est pleine), ainsi que combien de culture elle est diluée, après cet excès d’informations auquel les médias nous soumettent… Car il s’agit d’être sage et non d’être informé (et parce que « vieillir » vient tout seul, avec les années)…

 

Savoir que, malgré le fait que l’habit fasse le moine (contrairement au dicton populaire), il n’est pas nécessaire de s’habiller en architecte pour être architecte. Qu’il suffit de ressentir cette émotion d’abord et de la construire, que tout est plus simple qu’il n’y paraît et, sinon, mauvais. Et savoir que, précisément pour cette raison, tout peut se faire en sandales. Ces sandales qui apparaissent sur la photo résument l’essence de la Méditerranée et, peut-être, de notre travail à l’agence. Ce sont ceux que je porte toujours en été, un fait qui fait l’envie de plus que certains de mes clients costumés, lors des chaudes journées de nos étés. Avec le souhait que chaque jour soit ensoleillé…

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